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Fake news et falsification, la science mise au défi des faits

4 septembre 2018

Dans mon édito de février je mentionnais les problèmes de certains indicateurs quantitatifs dans l’évaluation des carrières scientifiques (les facteurs d’impact des revues, le nombre total de citation et indice de Hirsch). Dans cette course à la quantité, plusieurs travers prennent de plus en plus d’importance : la falsification des résultats et la publication dans des revues payantes sans révision par les pairs. Cette falsification de la méthode scientifique met au défi notre communauté. Mais le défi des faits se trouve aussi après la publication, dans la manière dont la société (média, politique, …) interprète et diffuse les faits scientifiques.

Fake news

L’augmentation des « fake news » met en lumière l’érosion des remparts mis en place par nos institutions pour contrer les désinformations. Ces désinformations ne datent pas d’hier, évidemment, mais elles prennent maintenant une nouvelle dimension avec internet et les médias sociaux où l’on peut diffuser du contenu à très bas coût, et où les fausses nouvelles circulent plus vite que les informations correctes. Les exemples les plus parlants concernent des sujets comme la vaccination ou le climat. Ces fake news ont généralement un agenda politique (la dernière élection présidentielle américaine par exemple) et discréditent la parole des scientifiques en tant qu’experts.

Comment (re)créer une culture qui promeut la vérité des faits ? 

Nous devons apprendre à nos étudiants, à nos concitoyens, à déceler ces désinformations, à vérifier leurs sources

Notre communauté n’est pas sans arme pour lutter contre les falsifications. Premièrement, nous sommes des enseignants (au sens large). Nous devons apprendre à nos étudiants, à nos concitoyens, à déceler ces désinformations, à vérifier leurs sources. Nous devons lutter dans les médias, dans nos conférences, dans nos publications contre la déformation de nos résultats scientifiques, en vulgarisant nous-mêmes au mieux ces résultats. Les réseaux sociaux comme facebook devraient utiliser plus largement notre expertise. Des expériences concluantes sont déjà en cours et devraient être généralisées. Nous devons encourager notre communauté à expliquer quelle est la démarche scientifique, éclairer le débat public, démontrer pourquoi il faut refuser les certitudes et apprendre à penser tout en doutant de ses connaissances. Pour ce faire, il faut considérer de manière bienveillante nos collègues qui prennent du temps pour ces actions, et peut-être un peu moins juger leur qualité seulement sur base de leur indice de Hirsch.
 

Denis Michez Photo
Denis Michez
Professeur à l'UMons
Président d'Objectif Recherche ASBL - Focus Research VZW

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