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La place des femmes dans la recherche

25 septembre 2018

La question du genre dans la recherche est une question qui a toujours concerné notre association. L’édition 2012 du magazine d’Objectif Recherche avait, en effet, été consacrée à la thématique du « genre dans la recherche ». Le constat est clair : depuis longtemps, les disparités et les inégalités de genre dans les filières scientifiques ont pour conséquence la sous-représentation féminine aux plus hauts postes ; la recherche ne faisant pas exception.

Quelques chiffres encourageants…

Selon les chiffres récemment communiqués par LIBRA à l'ESOF 2018, la place des femmes évoluerait dans le bon sens pour certaines catégories d’étudiants, de personnels scientifiques et dans certaines facultés. Cependant le plafond de verre est toujours bien là au vu du très faible nombre de professeures ordinaires, de doyennes ou de rectrices au sein des universités.

Cette année, soit six ans plus tard, nous avons recontacté certains des contributeurs de ce dossier afin de faire un état des lieux de la situation en Fédération Wallonie-Bruxelles.

L’égalité des genres au cœur des institutions académiques

En 2013, des postes de conseiller(e) du Recteur pour la politique du genre et « Personnes de Contact Genre (PCG) » ont été créés au sein de chaque université et ainsi qu’au sein du FNRS.

« La PCG de chaque institution a pour vocation de conseiller ses autorités, d’informer et de sensibiliser la communauté universitaire, de veiller à la réalisation des actions menées en matière de gouvernance institutionnelle, de recrutement, de promotion, d’équilibre vies professionnelle et privée et de mentoring […] En 2017-2018, les PGC continuent à participer aux travaux du Comité Femmes et Sciences (CF&S). Créé en 2016 par l’ARES, le CF&S est devenu une structure de référence pour les décisions politiques sur la question du genre dans la recherche »[1].

La mobilité pendant les postdocs : un moment clé dans la carrière des chercheuses

Plusieurs moments clés créent ce biais au dépend des femmes : l’engagement, la nomination et la promotion. Pour chacune de ces étapes se pose la question de la « disponibilité » des femmes, est-ce qu’elles vont avoir des enfants ou pas, pourront-elles se consacrer pleinement à leur carrière ? La mobilité internationale demandée après la thèse (ou pendant) peut bloquer aussi beaucoup de femmes car il n’est pas commun d’avoir des partenaires qui mettent leur carrière entre parenthèse pour leur compagne, d’autant plus si ce sacrifice n’est pas un garant absolu d’un poste permanent par la suite. Dans son rapport intitulé « Gender in the Global Research Landscape », Elsevier a, en effet, mis en évidence que les femmes publiaient globalement moins que les hommes au niveau international (elle sont moins mobiles et développent de ce fait un réseau international moins important) et qu’elles se lançaient moins dans des collaborations internationales et intersectorielles, ce qui impacte globalement leurs chances d’accéder aux plus hautes fonctions. Ces difficultés, accompagnées d’un harcèlement sexuel pas si rare que cela, font que les femmes se détournent de la carrière académique.

Des conseils aux femmes et aux hommes

When I’m discussing the evolution of mammals after dinosaur extinction, does it matter that I’m female? It shouldn’t.
JAELYN EBERLE, Vertebrate palaeontologist; director of the museum and field-studies graduate program at the University of Colorado Boulder.

Les femmes doivent se soutenir entre elles en premier lieu. Les femmes en poste doivent veiller à se faire respecter par les étudiants et collègues et à garder confiance en leur excellence. Elles ne doivent pas renoncer aux promotions, elles doivent les négocier férocement. Enfin, la création d’un environnement « family friendly » pour les jeunes mamans chercheuses devrait être une priorité, cela signifie des crèches, des réunions pas trop tardives, une liberté dans le choix des dates de vacances.

Lectures complémentaires sur le sujet :

Édito co-écrit par :

Denis Michez Photo
Denis Michez
Professeur à l'UMons et Président d'Objectif Recherche ASBL - Focus Research VZW

Laurence Theunis Photo
Laurence Theunis
Responsable de projets chez Objectif Recherche ASBL - Focus Research VZW


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