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La santé mentale au cœur de l’actualité universitaire

29 mai 2018

Il s’agit d’une réalité que nombre d’entre nous ont expérimentée : le milieu académique peut être très stressant. Les causes sont multiples : la compétition, le profil psychologique de la personne, la passion pour le métier, et malheureusement, les scientifiques portent souvent peu d’attention à leur santé mentale ou à celle de leurs collègues. Les problèmes de stress qui peuvent affecter la santé mentale des doctorants et des docteurs est un sujet qu’Objectif Recherche traite depuis des années, que ce soit via des publications ou via les sessions de coaching individuelles. Les témoignages de nos coachés attestent, en effet, d’une progression du phénomène au sein des universités.

Plus de 30% des étudiants souffrent de dépression ou de troubles de l’anxiété

Les faits sont là : dans le monde, plus d’un tiers des étudiants de master et de doctorat souffrent de dépression ou de troubles de l’anxiété. Ce chiffre est six fois supérieur au reste de la population ! La Belgique n’est pas épargnée. Un récent article paru dans Research Policy et issu d’une étude réalisée auprès de 3.659 doctorants en Flandre montre des chiffres similaires (30%) de dépression, une valeur significativement plus élevée que chez d’autres populations ayant le même niveau d’éducation. Un autre article, cette fois-ci publié dans la revue Nature, met en avant les problèmes de santé mentale auxquels font face les doctorants, les postdocs et les jeunes académiques aux États-Unis et au Royaume-Uni. 

Une prévention encore limitée

À ce jour, les évaluations et l’accompagnement relatifs aux troubles de la santé mentale à l’université restent limités mais il a été établi que le niveau de « Burn out » est très élevé en milieu académique. Les conséquences sont lourdes pour le chercheur mais aussi pour le laboratoire tout entier lorsqu’il s’agit par exemple d’un promoteur de thèse. 

Comment attaquer le problème ?

Une première solution est simplement la reconnaissance de cette souffrance, dans le fond comme dans la forme. L’indépendance dans le projet, l’implication dans le processus décisionnel et une supervision bienveillante sont autant de facteurs qui favorisent le bien-être au travail. Les promoteurs de thèse et les chefs de laboratoire pourraient être (in)formés sur ces aspects afin de mieux détecter les premiers signes de dépression ou d’anxiété et d’y répondre de manière appropriée.

Ensuite, comme l’origine de la souffrance mentale peut parfois être inhérente au promoteur lui-même, une autre approche serait la mise à disposition d’une aide extérieure à l’université pour les jeunes chercheurs qui se sentent perdus et ne savent pas vers qui se tourner sans être mal vu. En tant qu’acteur de la promotion de la recherche et des chercheurs, Objectif Recherche travaille activement à fournir une écoute et un encadrement aux doctorants, aux docteurs et aux post-docs qui en ont besoin. Nous savons ce que c’est de faire une thèse, nous connaissons les difficultés professionnelles et interpersonnelles qui peuvent en découler.

On a souvent tendance à oublier que sans les chercheurs, il n’y a pas de recherche. Les problèmes de santé mentale au sein des universités n’impactent pas uniquement les personnes, elles menacent également l’intégrité et la qualité de la recherche à long terme. C’est pourquoi nous invitons toute personne concernée par le sujet à nous contacter afin d’en discuter et de faire émerger des solutions, tant au niveau individuel que collectif.
 

Denis Michez
Président d’Objectif Recherche asbl – Focus Research vzw

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