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Les publications en "libre accès" : un enjeu majeur pour notre communauté

[ERRATUM - 19/04/18] Sur la demande de nos collègues universitaires, nous avons apporté quelques corrections au texte d'origine.

27 mars 2018

Les publications sont un des critères d’évaluation les plus importants dans notre carrière. La qualité de la revue (le fameux facteur d’impact, inverse du rapport entre le nombre d’articles publiés sur une année et leurs citations les deux années suivantes) et l’accessibilité des articles (plus ou moins ouverts) sont autant d’éléments qui vont influencer la reconnaissance (les citations) d’un travail scientifique. Les chercheurs ont donc tout intérêt à ce que leurs travaux soient les plus visibles possible, non seulement au sein de leur communauté mais également auprès d’un public plus large comprenant, notamment, les décideurs publics. Dans ce cadre, le récent décret « Open Access » Marcourt sur le libre accès aux publications scientifiques financées par la fédération Wallonie-Bruxelles va dans le bon sens : une volonté claire d’accroître la visibilité des publications issues des universités francophones du pays. Cependant, on observe déjà une levée de boucliers chez les éditeurs, et notamment au sein de l’Association des Editeurs Belges (ADEB) qui, le 1er mars 2018, publiait un communiqué de presse évoquant « les effets pervers que le dispositif risque de présenter pour la diversité de l’édition de savoir et de manière plus globale, pour la société de la connaissance ».

Nous nous accordons tous sur le fait que les publications, qui sont financées par les pouvoirs publics, devraient être accessibles au plus grand nombre. Or, pour donner l’accès au contenu intégral des publications scientifiques, certaines sociétés d'édition (telles que PLOS, Nature ou encore Elsevier) demandent de 1.000 à 4.500 euros ! Pour enrayer ce phénomène, certains membres de la communauté scientifique proposent que les chercheurs publient (i.e. éditent et diffusent) eux-mêmes leurs travaux de recherche en accès libre… En demandant aux chercheurs d’assumer cette (énième) responsabilité, on leur impose d’apprendre encore un nouveau "métier" : après enseignant, chercheur, traducteur, gestionnaire de projet et d’équipe, explorateur et comptable, devrions-nous aussi devenir éditeur en chef ?

À mon sens, les frais de publication devraient tout simplement être inclus dans le budget global d'un projet scientifique. L’édition scientifique est un métier qui requiert une expertise et qui implique une charge de travail significative. Tout travail méritant salaire, il est donc logique que les éditeurs soient rétribués pour leur activité. Le problème se pose plutôt au niveau de l’oligopole formé par les leaders du marché qui, sur base de leur réputation et de leur place dans le classement mondial, pratiquent des tarifs exorbitants que seuls les laboratoires dotés de moyens financiers suffisant peuvent assumer.

En conclusion de cet éditorial, je vous invite à réfléchir à la question suivante : pourquoi ne pas créer un service public qui prendrait en charge les frais de publication (édition et diffusion) des travaux scientifiques en libre accès ?

 

Denis Michez Photo
Denis Michez
Professeur à l'UMons et Président d'Objectif Recherche ASBL - Focus Research VZW

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